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Québec, QC, Canada
Personnal Best (PB's) ; 5000m--14:57--Boston (2011) ; 5k--15:01--Québec (2013) ; 10k--30:41--Vancouver (2013) ; 15k--47:56--Chicoutimi (2013) ; Demi--68:33--Montréal (2010) ; Marathon--2:23:21--Philadelphia (2012)

lundi 10 juillet 2017

Garder le rythme

À certains moments, tenir le rythme effréné de la vie au 21e siècle représente un défi de tous les instants, assez vertigineux même. Des conjonctures d’événements peuvent assombrir notre perspective et façonner le sentiment d’être dépassé. Ajoutez les exigences de l’entraînement du coureur dans l’équation et vous avez un cocktail explosif risquant de faire éclater vos bonnes volontés. « Il ne faut pas se laisser emporter par la vie » est une de mes maximes que j’emploie fréquemment. La chérir, en prendre soin, l’apprécier et imposer son rythme à elle est plutôt ce que je cherche à faire en tentant d'éviter le piège de subir de fausses obligations ou urgences dictées par le courant de celle-ci. Il est préférable d’être un acteur, de choisir sa destinée et de guider notre vie vers la direction à laquelle nous aspirons. Vos pensées peuvent parfois vous faire errer dans des lieux secondaires ou vous influencer négativement. Adoptez une approche de confiance en ses moyens et restez positif permet de les centrer sur ce qui fait du sens. Ainsi, se faire confiance et faire confiance à la vie peut vous amenez loin et vous évitez des déceptions à mon avis.

Je préfère garder les choses simples et me ramener à l’essentiel afin de justement maintenir le rythme dans les éléments importants de ma vie. Celles dont j’accorde une importance capitale au cours de cette période. À la course, le moment culminant où j’applique ce principe est lors d’une compétition où maintenir un rythme constant est ma priorité. J’isole alors les facteurs externes et je me concentre à ce qui est essentiel dans le moment présent. Mes pensées sont alors détournées vers ce que j’ai à accomplir. Le plus « simplistement » dit, mettre un pied devant l’autre avec bonne allure! Bien évidemment, certains démons intérieurs me chuchotent de ralentir, me lancent des signaux de douleurs ou d’inconforts, me poussent à douter de mes capacités. Ses voix intérieures, j’essaie du mieux que je peux de les ensevelir au plus profond de moi de manière à occuper mon attention sur ce qui resurgit en surface comme étant le plus élémentaire, avancer le plus rapidement possible en fonction de ma condition présente. J’ai parfaitement réussi à appliquer cette technique lors du marathon de Boston en 2015 alors que je traversais un moment plutôt difficile lors de la course. Je me suis accroché, je suis parvenu à me maintenir et j’ai terminé en force. Probablement, le meilleur marathon que j’ai couru et assurément le plus satisfaisant.

Un long détour pour vous parler d’un défi hors norme selon mes standards que je ferai en fin de semaine. Cette année, je me suis lancé une gageure à moi-même de compléter un 100 miles ou 160 km. Juste comme ça, sans fioritures. Juste le goût du dépassement et de vivre le sentiment de courir longtemps. L’envie de découvrir ce qui occupera mon esprit après 10 heures de course, mais surtout les stratégies et les techniques que je vais réussir à mettre de l'avant afin de rallier l’arrivée. Et d’en connaître un peu plus sur moi. C’est là quelque chose de bizarrement nouveau. Il n’y a rien de certain à ce que je termine. Bien sûr, j’ai tenté de me préparer du mieux que je pouvais en parcourant de longues heures dans les sentiers du Mont Sainte-Anne, mais il subsiste un doute dans mon esprit. Comment être totalement prêt pour ce genre d’épreuve, moi qui suis spécialiste du marathon sur route et qui aime rigoureusement planifier ses entraînements spécifiques dont les résultats permettent d'estimer à quelques minutes près mon temps final. Un peu obscur cette fois, le mieux ou le pire des scénarios se calculent en heures! Un aspect de la préparation pour cette course que j’ai particulièrement apprécié est ce nouvel apprentissage. À la blague, je dis souvent que je suis un éternel étudiant en raison du fait que j’aime apprendre. Ce fût donc l’opportunité de l’étude de ce sport nouveau. C’est en effet le cas et je l’ai constaté à travers mes entraînements, mes discussions et échanges avec certains spécialistes de même que de mes lectures. Ça demeure de la course à pied, mais c’est un esprit différent, un sport plus technique qui requiert une autre approche de l’entraînement. J’ajoute le tout à mon bagage de coureur.

C’est en fin de semaine que ça se passe alors que je serai du départ du Vermont 100m, une course faisant partie des plus vielles courses d’ultra trail aux USA. Je crois fermement que l’aspect mental est déterminant pour ce genre d’épreuve et j’appliquerai donc certaines techniques qui m’ont permis d’exceller sur marathon.  Je vais me concentrer sur l’objectif primitif de mettre un pied devant l’autre à bonne cadence pour garder le rythme. Faire confiance à ma forme. Faire le vide et abstraction des pensées négatives, ça ne sera pas évident, mais je pars dans ces dispositions. Enfin, je dois absolument briser la distance et ne pas me laisser impressionner par celle-ci. Ah oui, j’oubliais un conseil absolument essentiel qu’un spécialiste "trailer" m’a donné : force-toi pour manger, n’importe quoi dont tu as le goût, mais il faut que tu ingères des calories. Je vous en redonne des nouvelles.

Ambassadeur Farm to Feet
Dans la foulée de ma préparation pour cette course, je me suis associé à Farm to Feet afin d’utiliser leurs bas de qualité. Dans la section à droite du blogue vous trouverez ainsi leur logo avec un lien hypertexte vous permettant d’aller découvrir leurs produits chez leur fournisseur canadien.

mercredi 27 juillet 2016

La solitude du coureur de fond...

La semaine dernière avait lieu une course que je ne pouvais rater à un de mes endroits de prédilection pour mes entraînements. Le Québec Méga trail du Mont Sainte-Anne était donc à mon calendrier de compétitions et tant qu'à courir, je m'étais inscrit à la plus longue épreuve de 50km. Ma préparation était un peu sommaire pour ce genre d'événement en sentier. J'avais fait la première boucle de 25km à quelques occasions et montée une fois l'abrupte piste de ski alpin qui allait constituer tout un défi pour les coureurs au début de la deuxième boucle.

J'aurais souhaité en faire plus, mais une blessure à l'ischio-jambier m'empêche de pousser à l'entraînement. Cette blessure refait surface de temps à autre depuis janvier dernier et a ponctué ma préparation pour le marathon de Boston de cette année. Souvent, une blessure en emmène une autre par le phénomène de surcompensation et ce fut le cas pour moi cet hiver (en plus de mon ischio, le mollet et le dos a souffert quelque peu, jamais pour m'arrêter complètement, mais assez pour freiner une progression...c'est particulièrement désastreux quand nous avons une épreuve de longue distance à préparer qui implique un long et dur "build-up"). Dans ces moments, la solitude est éprouvante. Ma technique est de me rappeler que j'aime mon sport dans sa globalité, pas tout le temps, mais que j'en retire du plaisir et de la satisfaction en le pratiquant et que les blessures font partie de celui-ci. J'ai connu quelques bonnes séquences pour bien m'en tirer à Boston et lors du 10km d'Ottawa où j'ai été surpris d'enregistrer un bon temps de 32:50 dans des conditions hyper chaude qui a affecté les meneurs d'au moins 1 minute.

Pour revenir rapidement à la course du Mont Sainte-Anne, elle s'est bien déroulée. Même que je menais après la première boucle de 25km en compagnie de mon ami Joël Bourgeois. La montée par la piste de ski alpin la Crête qui suivait a été le moment que j'ai le moins apprécié. Pas en mesure de courir pour la majeure partie en raison du dénivelé, très éprouvant musculairement avec une bonne descente sitôt arrivée au sommet. Je n'étais plus le même coureur par la suite. Expérience intéressante, et beau moment de solidarité, j'ai croisé le fil d'arrivée les mains au ciel entrecroisées avec celles de deux compagnons de course Florent et Joël. Temps final 4h27 minutes. Mon record sur mes pattes!

J'ai bien récupéré de cette course et deux jours après je m'envolais pour Cuba. Ce n'est pas mon genre de rester inactif toute la journée à me faire frire sur la plage, alors la chaleur ne m'a pas empêcher de bouger:
-12 sorties de course (peu d'intensité, seulement  6x90secs/30secs et 10x30secs/60secs, mais pas mal de sorties d'endurance dans la chaleur qui me faisait travailler quant même assez fort. Pour dire bien franchement, même sur le tapis au gym à l'air climatisé, je sortais détrempé d'une course de 40mins à mon rythme normal. À preuve, la photo ci-bas!)
-3 séances de plyométrie/pilates/yoga
-4 sorties de kayak/pédalos
-et quelques coups de nage ici et là

Je me sens d'attaque et en santé pour accumuler beaucoup de km en solitaire dans le prochain mois et demi avant d'amorcer ma saison de compétitions avec une préparation plus spécifique. En primeur, mon plan actuel est de faire deux marathons cet automne...restez branché sur le blogue pour savoir prochainement lesquels!

Gardez le sourire dans vos sorties et à la prochaine.
Christian

dimanche 26 avril 2015

BOSTON – Rapport de course

Ma mère m’a suggéré un mot poétique qui pourrait le mieux décrire mon expérience au marathon de Boston…REVI (dans le sens de ressusciter, reprendre vie). Ou encore en anglais, cela pourrait se traduire par l'expression COME BACK from the dead! Alors, laissez-moi vous expliquer avec mon récit, de l’intérieur, comment j'ai vécu ma course et sait-on jamais, vous en retirerez peut-être quelque chose d'utile...(pour ceux qui ne veulent pas trop de détails, vous pouvez aller directement à la conclusion au dernier paragraphe!).

Boston, c’est gros. L’organisation, le prestige (119e édition et unique marathon avec un temps de qualification requis), le nombre (coureurs évidemment, plus de 30000, mais aussi, bénévoles, policiers, supporteurs). J’avais des papillons qui me chatouillaient comme je n’en avais pas à l’habitude. Je sentais la fébrilité. Et l’excitation aussi. De courir, de performer. J’étais reçu à titre d’athlètes élites invités dans un accueil des plus professionnel et avec une attention aux détails comme je n’avais jamais expérimenté auparavant. Une petite anecdote pour vous illustrer ceci, les tables spéciales prévues pour les fluides sur le parcours avec un niveau de détails jamais vue ...40 athlètes avaient été sélectionnés pour avoir le privilège de placer leur propre bouteille à des tables placées rigoureusement à chaque 5km. Chaque station contenait 10 tables habillées élégamment de la couleur bleue du marathon. Notre nom associé à un numéro de table, toujours la même, et notre bouteille déposée toujours au même endroit sur la table.


Boston, c’est gros. Le décorum (le protocole, les règlements et la logistique entourant la course nous ont été précisés la veille lors de la rencontre technique prévue par l’organisation à cet effet). Le niveau de compétition (les élites bien sûr, soit une quinzaine de prétendant à la victoire parmi les meilleurs au monde qui ont été rigoureusement sélectionnés par l’organisation, une vingtaine de sub-élites et une dizaine de Masters, mais aussi les autres coureurs qualifiés—un ami me disait que c’est environ 10% des coureurs qui réussissent à obtenir leur passeport pour Boston). L’attente (une logistique complexifiée par un départ dans une petite communauté à 40 km de Boston). Sans oublier les attentes (celles personnelles surtout…de bien réussir, de performer, de pouvoir donner le meilleur de soi-même). Les miennes en terme clair, un podium chez les Masters. J’ai donc abordé cette course comme un championnat où le chrono devenait secondaire laissant la position devenir la préoccupation.

Derrière la chaîne humaine orange à attacher mes souliers quelques minutes avant le départ
La ligne de départ du petit village d'Hopkington
Le peloton de tête avec Meb en flou à l'avant
Les conditions météo n'étaient vraiment pas favorables avec un fort vent de face et de la pluie au menu. Ce vent conditionnera le plan de match où courir en peloton devenait une nécessité. Mes parents m’accompagnent pour le voyage et viennent me porter au départ en ayant la chance de constater encore une fois que Boston c’est gros. Et que de sécurité policière et militaire impliqué. Je me sens bien le matin de la course. Le départ est lancé, un peu sur-réel de me retrouver aux premières lignes avec à ma gauche l'excellent éthiopien Chebet, et les premiers km passent vite et bien, très bien même. Je me retrouve à l’arrière d’un peloton d’environ 10 coureurs en ayant à vue trois Masters plus loin devant. Le premier 10km de la course est plutôt descendant/rapide et est fait en 32:20.

Après avoir pris ma première bouteille, je me suis senti soudainement bizarre, un peu étourdi et les jambes ne tournaient plus comme il y à peine 5 minutes! J’ai souvent des problèmes digestifs en course et ça se passait étrange à l’intérieur. Rapidement, je me rends à l’évidence, je constate que l’effort est trop grand à ce stade très tôt dans la course et je dois lâcher le peloton. Ho man, je me retrouve dans le trouble. Mais tellement dans le trouble, tout seul à lutter contre le vent, que j’ai à l’esprit que ma course est finie, qu’elle s’en va à la poubelle! Non pas que je ne pense pas terminer celle-ci, mais plutôt que je vais dégringoler et agoniser lentement pendant les 30 derniers et longs km. Quoi vous dites. Que je suis solidement entraîner. Oui, mais c’était assez pénible à ce point que tout venait de basculer. Je me calme, me fie sur mon expérience, me parle, pense au moment présent, à mon moment. Je pense à ma blonde qui me supporte dans ce que je fais. À mes enfants. Je pense à mon coach qui m’a déjà dit que j’étais un coureur qui pouvais plier, mais sans jamais casser. Je pense que ça va passer, que ça va aller. Mais, j’ai toujours du mal au 15e km, toujours en solitaire sans avoir vu un seul coureur. Ma seconde bouteille passe un peu mieux. Mon rythme dérive lentement (de 3:15/k au cours des 10 premiers, je roule maintenant à près de 3:30/k, un énorme fossé) avec l’espoir d’être repris par un petit groupe venant de l’arrière. Je suis finalement rejoint vers le 17e km par 4 coureurs dont deux Masters (le #1 et le #3 à Boston l’an dernier). À partir de ce moment, je vais faire la course la plus intense et stratégique de ma vie. Je n’ai pas le choix si je veux sauver ma course, je dois embarquer dans le train et m’accrocher. Je ne pense pas aux côtes à venir, ni à mon temps (je n’ai d’ailleurs pas jeté un seul coup d’œil à ma montre pendant la course). Juste à m’accrocher au gars devant moi. Ma 3e bouteille passe mieux au 20e km et sans avoir de super feeling, je passe le demi en 1:10.46 en allant chercher le plus d’énergie possible des cris ahurissants des filles du Wellesley College. Et j’embarque totalement dans le jeu en leur donnant plusieurs « High Five ». Je suis encore avec le même groupe de 4 coureurs au 25e km et s’amorce bientôt quelques montées dont les Newton Hills. Les jambes sont fortes et je m’aperçois que je grimpe assez bien (je conserve ma vitesse autour de 3:30/k dans les côtes). En fait, je ne me souviens plus d’avoir monté la fameuse HeartBreak Hill tellement j’étais dans ma zone. Mes souvenirs de courses sont plutôt flous d’ailleurs. Souvent trop concentré à l’effort, à ne pas vouloir céder un pouce.

L’énergie est définitivement revenue, les km défilent assez rapidement et je ne pense plus seulement à m’accrocher, mais bien à compétitionner. Autour du 35e km, quelques coureurs arrivent de l’arrière, venant déranger la quiétude établie dans notre peloton. Il faut toujours être à l’affût de nos sensations en course, se décider vite et réagir quand c’est le temps. Je décide alors d’y aller et d’accélérer. Comment vont alors réagir les 2 autres Masters qui m’avaient rejoint quand j’étais en difficulté quelques 20 km auparavant? Ils ne peuvent répondre. Je cours bien et solide avec mes nouveaux partenaires pendant quelques km dans les 3:20/k et je constate que nous gagnons du terrain sur le 2e Master devant. Je jette mes gants sur le côté et « Game On ». Avec environ 3 km à faire, il faut que j’attaque maintenant si je veux avoir une chance. Je pousse fort. Distance immédiatement les autres. Je presse encore plus. Avec un mille à faire, je réussi à me placer derrière lui. Le temps de reprendre mon souffle pendant quelques secondes, je me détache et finis fort en 2h24 (le premier Master intouchable en cette journée en 2h18), un chrono qui me permet de décrocher le 28e rang au classement général !!! Je pense que ces derniers 7km sont les plus solides que j’ai courus dans un marathon. Et cette course, dans les conditions, est définitivement parmi mes meilleures à vie.

Merci à ceux qui m’ont supporté en cours de route. Particulièrement à ma blonde JULIE qui est de rock à mes côtés!


lundi 13 avril 2015

Un détour par Tampa

J’ai profité d’un séjour agréable en famille sous le soleil de Tampa à la fin mars au cours duquel j’ai eu la chance de courir abondamment dans des sentiers. Imaginez, le parc provincial à côté de mon hôtel contenait plus de 20miles de sentiers en terre battue/feuille dont une grande boucle de 16 miles (oui, oui près de 26km), la plupart du temps étroits, mais pas très techniques où les vélos pouvaient également circuler. L’environnement tropical et le paysage magnifique m’ont fait vivre un dépaysement total. Pour ceux qui se demandaient à quel endroit exactement c’était, je dirais au nord du centre-ville de Tampa, pas trop loin à environ 15km.

Le Trout Creek Park et ses sentiers à faire rêver





Auparavant, j’étais à New York pour le demi-marathon à la mi-mars, une belle course à mettre dans son « bucket list » si vous ne l’avez jamais faite. Mon temps a été respectable (1h10), très constant du début à la fin (5km en 16:38; 10km en 33:25 et20km en 1h06.49secs). J'étais surtout content de voir que mes jambes avaient tenues le coup sur ce parcours exigeant et après les derniers mois à faire beaucoup de tapis dans mon sous-sol. Ma course me servait avant tout d’une bonne préparation au rythme pour Boston, sur une surface dure avec plusieurs dénivelés.

Mais revenons à Tampa. Comme je disais, j’ai profité de mon temps là-bas pour affiner ma préparation pour le marathon de Boston en faisant un bon volume. Mais, c’était surtout du bon temps en famille...Avec la plage au rendez-vous!






Pour vous donner une idée de ce que peut ressembler une période intense à 1 mois du marathon, j’ai pensé vous donner le détail de ma semaine d’entraînement en Floride :
Sam: AM: Off (travelling to Tampa); PM: 90mins Easy
Dim: AM: 60mins E; PM: 25mins w-up; 5x3k (low 3:20's donc environ 10mins par série) avec 2:30 jog; 10mins w-dn
Lun: AM: 60mins E; PM: 80mins E
Mar: AM: 65mins E; PM: 40mins E + 6x5mins (effort 10k) avec 2mins jog; 5mins E
Mer: AM: 70mins E; PM: 90mins E
Jeu: AM: 1h30 E+ 12x30secs/60secs; PM: 60mins E
Ven: AM: 1h40 E+ 12x60secs/40secs; PM: Off
Sam: Off (travelling to Toronto)
Dim: AM: 30mins w-up avec strides et streching; 30k Race (1:40:30); PM: 25mins w-up; 5x1200m (pace 10k-12mph on treadmill); 5mins w-dn

Comme vous pouvez le remarquer, j’ai terminé ma semaine en allant courir à Hamilton au mythique Around the Bay 30km. Agréablement surpris par ma performance, car j’avais les jambes lourdes et fatiguées. Mon « turnover » était excellent par contre. J’ai accompli tout ce que j’avais en tête et même un peu plus. C’est excellent pour la confiance. Cette année, le peloton d’élites était probablement le plus relevé de l’histoire de l’événement. Pour vous donner une idée, ma dernière et seule fois à l’événement remontait à 2011 où j’avais terminé au 6e rang en 1h42. Cette fois, mon temps de 1h40 me donne le 12e rang de la course.

Au départ avant la course

Maintenant, j’en suis au dernier droit avant Boston. C’est un peu fou comme l’approche d’un marathon peut être paradoxale. Lorsque la préparation débute 8, 10 ou 12 semaines avant le jour J, tout est un peu flou et loin. Mais lorsqu’on est « embarqué » dans le train, que la préparation est découpée en segment plus facilement gérables avec des objectifs propres à chacun, que les entraînements se succèdent, que les semaines avancent…sincèrement, on en vient à trouver que l’on manque de temps! C’est surtout parce que les coureurs sont souvent des perfectionnistes qui se disent que leur forme peut toujours s’améliorer. Nous voulons être plus pour aller plus vite. Je suis par contre en paix avec ma préparation faite pour Boston. Tout s’est bien déroulé dans l’ensemble, malgré quelques courbes ici et là (un virus et une cheville foulée m’auront fait reculer en cours de route) ma forme se retrouve à un niveau semblable à l’automne dernier. J’ai hâte à lundi prochain. Je suis prêt, physiquement et mentalement. Le temps est secondaire cette fois. J’y vais pour la position en ayant un podium Master en tête. Je vous avouerai que remporter le titre et être déclaré Boston Champion serait en quelque sorte ma médaille d’or olympique. Le gagnant de l’année dernière en 2h19.44secs y sera avec son dossard #75. Moi, j’ai eu la confirmation que je porterai le #78. Pour ceux qui veulent suivre la course en direct, je pense que RDS la télédiffusera. Sinon, rendez-vous sur le site du marathon de Boston TV Coverage ou Athlete Alert 

Je vous reviens avec mes impressions et les détails de ma course.

mercredi 24 décembre 2014

BOSTON

J’ai reçu d’excellentes nouvelles récemment alors que ma demande a été acceptée par l’organisation afin je puisse m’aligner sur le départ du prestigieux marathon de Boston en compagnie de l’élite. Compétitionner à ce marathon pour tenter de remporter le titre chez les Masters 40+ ans représente beaucoup pour moi et constitue mon objectif principal de 2015. J’ai analysé les résultats des dernières années et c’est un objectif ambitieux, mais réaliste compte tenu que les temps des gagnants dans la catégorie se situe autour de 2h20.

Retour sur 2014…mais regard sur 2015
Ce n’est pas ma nature de faire de grandes rétrospectives et de me noyer dans la nostalgie. Oui, il faut apprendre du passé, mais j’aime surtout regarder vers l’avant en me servant justement des expériences antérieures pour m’améliorer. C'est vrai pour la course comme pour la vie! L’année 2014 en fut une en deux temps pour moi. Assez pénible avec quelques blessures successives et des résultats en deçà des attentes au cours de la première moitié. Puis, une remontée graduelle qui m’a permis de vivre ma meilleure préparation en vue d’un marathon, couronnée par la réalisation d’une excellente performance à Toronto au cours du mois d’octobre. Bizarrement, le goût à l’entraînement était moins présent dans les deux derniers mois qui ont suivi cette course. Ma motivation n’était définitivement pas à son sommet et je crois qu’une période de repos, physique et mentale, était particulièrement nécessaire cette année. Quand la tête n’y est pas à 100%, difficile de sortir courir jours après jours, nonobstant l’idée de performer. Et cela est particulièrement vrai dans la vie d’un coureur semi-pro qui a un travail à plein temps et une merveilleuse famille qui l’entoure. Vous comprendrez que j'ai de quoi m'occuper! Mais comme j’aime plutôt me projeter vers l’avenir, j’ai profité de ce temps d'arrêt pour planifier ma saison de course 2015 ou du moins, les premiers mois de l’année prochaine. Outre Boston, j’ai ciblé des courses d’envergure qui m’aideront sur le plan de la motivation et de la préparation. Le demi-marathon de New-York sera à l’agenda avec son parcours parsemé de vallons et de côtes durant les premiers 10km et une fin graduellement descendante à la manière de Boston. Je ferai aussi la plus vielle course en Amérique du Nord parfaitement positionnée dans le calendrier à trois semaines du marathon, soit le 30km Around the Bay, un autre parcours aux multiples défis.


Je vous souhaite à tous une année 2015 remplie de défis et de courses qui sauront vous combler.

On se reparle l'année prochaine!

dimanche 2 novembre 2014

Marathon de Toronto: Rapport de course

Deux semaines se sont déjà écoulées depuis ma participation au Marathon de Toronto où j'y ai connu une très belle course. Très satisfait dans l'ensemble et bien content d'avoir été agressif. Je suis de retour! Ma stratégie s'est fixée la veille du marathon à la rencontre technique pendant laquelle les organisateurs donnent aux coureurs invités les dernières directives et règles de fonctionnement, notamment les différents groupes qui s'organisent autour de meneurs d'allure (pacers). Après avoir consulté mon coach, c'était décidé, j'embarquais dans le "train" qui passerait au demi en 1h09 30secs. C'était un peu plus agressif d'une 40taine de secondes qu'initialement prévu, mais l'effet bénéfique de courir en peloton surpassait largement les risques de courir à cette cadence. En plus, les conditions n'étaient pas idéales avec le vent. J'étais en forme, mon entraînement s'était superbement déroulé, j'avais le vieux record canadien des 40+ ans (2h19 41 secs réalisé en 1980!!) alors pas la peine d'hésiter et de laisser du temps sur le parcours. Je voulais aller vite, alors j'ai senti qu'il fallait que je porte mes souliers vite...mes Mizuno Ekiden que j'adore.

Nous avions un bon groupe dès le départ, 8 ou 9 coureurs dont notre meneur d'allure bien réglé (dommage qu'il faisait juste 21k) et 2-3 gars qui faisaient le demi. Je suis resté tranquille dans le groupe et je me sentais vraiment bien. Les 10 premiers kilomètres franchies en 32:54, aisément comme il se doit dans un début de marathon. Malheureusement, un britannique du groupe m'a fait chuté à la table située au 15e kilomètre où nous pouvions placer nos bouteilles. J'ai du ralentir pour le coureur en avant, agripper la mienne, mais il est arrivé comme un train par derrière et je suis tombé directement au sol. Je me souviens d'avoir vaguement entendu la foule crier en coeur un  WOooooooo. Heureusement, j'ai eu le réflexe de placer mes mains, ma hanche a été touchée, mais je me suis vite relevé pour revenir dans le peloton! Chanceux dans cette malchance. La moitié de la course a été conclu comme prévu en 69:34. Je me sentais toujours très bien, mes jambes tournaient de façon fluide. Aux alentours du 25k, la course est devenue une affaire en solitaire pour tout le monde du peloton initial. De toute évidence, j'ai perdu un peu de temps à compter de ce moment, particulièrement à lutter contre le vent dans les 6-7 derniers km, mais je me suis bien battu. Les meneurs ont tous laissés quelques minutes sur le parcours, même eux qui compétitionnent pour la victoire et les $$$. Mes jambes sont restés étaient fortes, malgré que mes mollets étaient vraiment "serrés". Je suis bien content d'avoir fait quelques 3h-45km dans ma préparation. C'était bien de croiser les coureurs au retour dont plusieurs m'encourageait par mon prénom. Je ne vous ai pas tous reconnu, étant dans la zone, mais je veux vous remercier pour les encouragements! J'ai eu quelques mauvaise passes ici et là avec mon estomac où je ralentissais significativement pendant quelques secondes pour passer à travers de mes reflux et reprendre mon souffle avant de repartir (rien de majeur, mais impossible de puiser au plus profond de mes tripes dans les derniers 2-3k). En fin de compte, j'ai terminé à quelques secondes près de mon meilleur temps réalisé à Philly il y a deux ans, 2h23. Pour les amateurs de statistiques, je termine 17e au total avec le record de parcours (Masters-40ans+). Même que mon coach était assez fier de mon résultat qui me place parmi les meilleurs de l'année sur le continent dans cette catégorie! Beaucoup de positifs retirés de ce build-up et de cette course. Je suis de retour après avoir connu un début d'année plus difficile. Très excité et motivé pour 2015. En terminant, je m'en voudrais de ne pas remercier tous ceux qui m'ont appuyé dans cette épopée, particulièrement ma plus fervente supportrice sans qui rien de tout cela ne serait possible, ma blonde/amante/femme Julie!

On se reconnecte plus tard!

vendredi 17 octobre 2014

Faire différent

Depuis ma dernière chronique beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et des kilomètres sur la route ont été accumulés autant en compétitions qu’à l’entraînement. Ah oui, et je suis devenu un « vieux » de la course ayant atteint l’âge vénérable de 40 ans au début septembre, un âge qui me faisait basculer dans la catégorie des Maîtres que nous appelons communément dans notre jargons de coureux, les Masters. C’est noble les maîtres, mais c’est le signe qu’on vieillit!@

Rétrospective rapide de mon été
J’ai réalisé une première en complétant un 10000m sur la piste dans le cadre du championnat provincial de la distance. Bien aimé mon expérience et surtout de bonnes sensations qui m’ont permis de terminé la course en 6e position en 31 :20. Ce n’était pas un chrono spectaculaire, mais ce fût à tout le moins encourageant. Un pas dans la bonne direction. C’était d’ailleurs mon leitmotiv de l’été puisque mon objectif global que je voulais atteindre était de progresser, éviter les blessures et rebâtir un niveau de forme acceptable qui me donnerait confiance à l’amorce d’une préparation spécifique pour un marathon à l’automne. J’avais ciblé certaines courses en juillet et août pour cumulé de bons efforts soutenus difficile à réalisé en solitaire à l’entraînement. En plus, de cette compétition sur la piste j’ai fait le 10km du Grand Lévis la semaine précédente, une course correcte que j’ai animé en lançant des accélérations au sein du peloton de tête dans les premiers km, en me détachant seuls en tête dès le 3e km, en bataillant ferme à l’avant, en me faisant rattraper à 1km de l’arrivée, en poussant pour ne pas que l’écart soit trop grand, en lançant une accélération à 500m pour rejoindre le coureur à l’avant, en sprintant les derniers 300m côte à côte pour finir sur la ligne en 2e place par un cheveux en 31 :40. J’ai aussi couru une étape de la Coupe Dix30 quelques semaines plus tard et cette fois, les sensations n’étaient pas excellentes. Après avoir couru les 3 premiers km avec le peloton de tête, j’ai décroché pour finir le reste de la course en solitaire, comme si j’étais un peu à l’extérieur de celle-ci, et terminé en 32 :05. J’avais aussi en tête de progresser avec précaution dans le volume d’entraînement comme j’ai été blessé cet hiver et ce printemps. Mes vacances en Floride à la fin du mois d’août ont été idéales pour accumuler un bon volume: idéalement situées dans le calendrier, reposantes et lentes parce qu’il faisait incroyablement chaud (quelque chose comme 40 degrés le jour et 35 le soir!).

L’entraînement de l’automne
Me revoici donc avec cette chronique à l’aube du marathon de Toronto que je vais courir ce dimanche. Et oui, tout c’est merveilleusement bien déroulé dans ma préparation de sorte que j’ai conservé l’objectif initial de m’aligner à Toronto pour tenter une performance. J’ai fait les choses différemment pour me préparer à ce marathon cette fois-ci, comme entreprendre une préparation spécifique plus courte (8 semaines), faire des longues longues sorties (jusqu’à 45km et 3h de course avec des sections d’intensité) et des séances de renforcement musculaire, plyométrie. Mes blessures subies plus tôt dans l’année m’ont poussé à préconiser une préparation plus courte, mais ces choix étaient essentiellement fondés sur une volonté de faire différent. Je crois fermement que les mêmes habitudes mènent aux mêmes résultats et que notre corps et notre esprit ont besoin de stimulus variés pour progresser. L’automne dernier, j’avais connu une excellente préparation qui m’a donné un niveau de forme inégalé jusque là, mais que je n’ai pu matérialiser en résultat. Cette fois, je suis retourné à un niveau de forme similaire en empruntant un différent chemin. N’hésitez pas vous aussi à vous déstabiliser en modifiant de temps à autre vos habitudes d’entraînement. J’ai fait trois compétitions au cours du mois de septembre, mais toujours intégrées à des longues sorties qui me serviraient pour le marathon. Ça été le cas avec le demi-marathon de Beaupré que j'ai gagné pour la 2e année consécutive, les 10km de l’Université Laval et finalement le demi-marathon de Montréal.



Dans cette préparation, j’ai couru beaucoup et majoritairement en solitaire. J’ai même pris un temps d’arrêt de deux semaines au travail pour me reposer davantage en m’entraînant solidement. J’attends maintenant avec sérénité l’approche du marathon avec en quelque sorte le sentiment du devoir accompli.